Vous préparez actuellement la 4e édition du Festival Black & Basque à Bayonne, quel regard portez-vous sur les 3 premières éditions ?
Une vraie
famille s’est formée avec les bénévoles, les artistes et tous les intervenants
techniques. Par les émotions qu’il suscite, par les rencontres qu’il
génère, Black & Basque est devenu en 3 ans un événement majeur dans la vie
culturelle à Bayonne.
C’est un festival qui
s’affirme réellement avec le public de plus en plus nombreux mais aussi dans le
métier. Les artistes en sont nos fiers ambassadeurs, n'hésitant pas à qualifier
Black & Basque comme le « meilleur festival de l’année ».
Comment se passe le croisement des cultures afro-américaine et basque?
C’est peut-être un peu
troublant de prime abord : croiser les cultures afro-américaine et basque! Mais
pour moi, cette rencontre est naturelle.
Ma mère est basque. J’ai
grandi avec sa culture dans les ambiances de son pays natal, St Jean de Luz, même
si je suis né en banlieue parisienne à 769km. J’écoutais beaucoup la musique
afro-américaine, la soul, le blues, les gospels. Du coup j’ai toujours
rêvé d’entendre un bluesman porté par des chœurs basques ! Et on l’a fait :
chercher à créer des rencontres créatives dans plusieurs disciplines autour de
ce croisement de cultures axé sur le plaisir de découvrir et le partage, dans
une ambiance positive et bienveillante pour chacun.
Lorsque
Angélique Kidjo, notre marraine, a chanté la première fois avec les chœurs
basques, je peux vous dire que le parc de la Poterne s’est chargé d’émotions.
Même chose lorsque cette année, l’Orchestre Régional Côte Basque s’est produit
le dimanche, je voyais les yeux émus de l’ingénieur lumière dans sa régie et
plus tard, c’est une petite fille de 8 ans qui m’envoyait des coeurs et des
merci quand ce fut le tour d’Oxmo Puccino!!
Quelles sont les particularités de Black &Basque?
Black & Basque a beaucoup
de particularités ! En tant que directeur artistique, je réfléchis à la
programmation avec l’idée de partager des rencontres avec des artistes connus
mais aussi de proposer d’autres personnalités que le public est susceptible
d’aimer.
En 2013,
nous avons proposé à l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque d’accompagner A.
Kidjo, dirigé par le chef du Philharmonique du Luxembourg. Kalakan, qui a fait
la tournée de Madonna, a créé un spectacle unique à Bayonne avec des danseurs
afro-américains, c’était merveilleux. Kassav, le groupe préféré de Miles Davis
et Oxmo Puccino… et tous les autres, parce que c’est ça, Black & Basque :
mélanger les genres.
Et puis ce n’est pas que de la
musique. Lorsque nous avons inauguré les 3 expositions du Carré Bonnat, dont
une rassemblait les 18 plus grands artistes basques dont les œuvres étaient
présentées en résonnance avec l’art africain, c’était magnifique de les voir
tous réunis, sachant que ça n’avait pas été fait depuis plus de 30 ans.
Une autre
particularité, ce sont les échanges qui se créent entre les paysans qui
présentent leurs produits, les pêcheurs qui parlent de leur métier aux
artistes. Tous repartent avec un milesker, un egun on, et apprécient la
bienveillance que nous tenons à inscrire dans l’accueil.
Nous avons à cœur de soigner
la cohérence de tous les aspects du festival, de la réalisation de l’affiche
conçue par un artiste du 9eme Concept, au choix de la nourriture choisie dans
les circuits courts, en passant par le transport par le choix d'un partenaire
de voitures hybrides, etc, etc.
Comment se passe l’organisation du Festival?
C’est le travail d’une année. Un
gros travail d’échanges, de rencontres en amont, de réflexions. Ensuite, nous
rejoignent : le noyau dur du festival composé d’une quinzaine de personnes
responsables des postes techniques, régie,
brigades vertes, catering, communication, plannings, billetterie, etc…
puis 200 bénévoles pour mettre la machine en route.
En 2014,
nous allons franchir des étapes supplémentaires en créant des événements
satellites qui enrichiront l’esprit du festival pour ancrer davantage cette
philosophie de rencontres dans le territoire local et transfrontalier.Nous avons l'ambition et la
volonté de créer des emplois en vue de consolider Black & Basque.
Progressivement, nous pérennisons la structure avec les gens du pays.
Vous avez dit que vous rêviez d’entendre
des chœurs basques derrière un chanteur ou une chanteuse de blues, c’est fait.
Quels sont vos rêves pour l’édition 2014?
J’en ai encore plein, faites-moi
confiance ! Il faut venir au Festival
les 12, 13 et 14 septembre. Ça se passera au Carré pour les expositions et à La
Poterne pour la musique, les arts graphiques et le cinéma et dans les
librairies pour la littérature.
On va vous
surprendre, quitte à être contagieux dans nos idées de croiser les cultures,
parce que c’est comme ça que nos enfants grandiront bien !

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