dimanche 6 juillet 2014

Interview : Chistian Borde (alias Jules Edouard Moustic) parle de Black & Basque



Vous préparez actuellement la 4e édition du Festival Black & Basque à Bayonne, quel regard portez-vous sur les 3 premières éditions ?
Une vraie famille s’est formée avec les bénévoles, les artistes et tous les intervenants techniques. Par les émotions qu’il suscite, par les rencontres qu’il génère, Black & Basque est devenu en 3 ans un événement majeur dans la vie culturelle à Bayonne. 
C’est un festival qui s’affirme réellement avec le public de plus en plus nombreux mais aussi dans le métier. Les artistes en sont nos fiers ambassadeurs, n'hésitant pas à qualifier Black & Basque comme le « meilleur festival de l’année ».
Comment se passe le croisement des cultures afro-américaine et basque?
C’est peut-être un peu troublant de prime abord : croiser les cultures afro-américaine et basque! Mais pour moi, cette rencontre est naturelle. 
Ma mère est basque. J’ai grandi avec sa culture dans les ambiances de son pays natal, St Jean de Luz, même si je suis né en banlieue parisienne à 769km. J’écoutais beaucoup la musique afro-américaine, la soul, le blues, les gospels. Du coup j’ai toujours rêvé d’entendre un bluesman porté par des chœurs basques ! Et on l’a fait : chercher à créer des rencontres créatives dans plusieurs disciplines autour de ce croisement de cultures axé sur le plaisir de découvrir et le partage, dans une ambiance positive et bienveillante pour chacun. 
Lorsque Angélique Kidjo, notre marraine, a chanté la première fois avec les chœurs basques, je peux vous dire que le parc de la Poterne s’est chargé d’émotions. Même chose lorsque cette année, l’Orchestre Régional Côte Basque s’est produit le dimanche, je voyais les yeux émus de l’ingénieur lumière dans sa régie et plus tard, c’est une petite fille de 8 ans qui m’envoyait des coeurs et des merci quand ce fut le tour d’Oxmo Puccino!!

Quelles sont les particularités de Black &Basque?
Black & Basque a beaucoup de particularités ! En tant que directeur artistique, je réfléchis à la programmation avec l’idée de partager des rencontres avec des artistes connus mais aussi de proposer d’autres personnalités que le public est susceptible d’aimer. 
En 2013, nous avons proposé à l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque d’accompagner A. Kidjo, dirigé par le chef du Philharmonique du Luxembourg. Kalakan, qui a fait la tournée de Madonna, a créé un spectacle unique à Bayonne avec des danseurs afro-américains, c’était merveilleux. Kassav, le groupe préféré de Miles Davis et Oxmo Puccino… et tous les autres, parce que c’est ça, Black & Basque : mélanger les genres. 
Et puis ce n’est pas que de la musique. Lorsque nous avons inauguré les 3 expositions du Carré Bonnat, dont une rassemblait les 18 plus grands artistes basques dont les œuvres étaient présentées en résonnance avec l’art africain, c’était magnifique de les voir tous réunis, sachant que ça n’avait pas été fait depuis plus de 30 ans. 
Une autre particularité, ce sont les échanges qui se créent entre les paysans qui présentent leurs produits, les pêcheurs qui parlent de leur métier aux artistes. Tous repartent avec un milesker, un egun on, et apprécient la bienveillance que nous tenons à inscrire dans l’accueil. 
Nous avons à cœur de soigner la cohérence de tous les aspects du festival, de la réalisation de l’affiche conçue par un artiste du 9eme Concept, au choix de la nourriture choisie dans les circuits courts, en passant par le transport par le choix d'un partenaire de voitures hybrides, etc, etc.

Comment se passe l’organisation du Festival?
C’est le travail d’une année. Un gros travail d’échanges, de rencontres en amont, de réflexions. Ensuite, nous rejoignent : le noyau dur du festival composé d’une quinzaine de personnes responsables des postes techniques, régie,  brigades vertes, catering, communication, plannings, billetterie, etc… puis 200 bénévoles pour mettre la machine en route.
En 2014, nous allons franchir des étapes supplémentaires en créant des événements satellites qui enrichiront l’esprit du festival pour ancrer davantage cette philosophie de rencontres dans le territoire local et transfrontalier.Nous avons l'ambition et la volonté de créer des emplois en vue de consolider Black & Basque. Progressivement, nous pérennisons la structure avec les gens du pays.
Vous avez dit que vous rêviez d’entendre des chœurs basques derrière un chanteur ou une chanteuse de blues, c’est fait. Quels sont vos rêves pour l’édition 2014?
J’en ai encore plein, faites-moi confiance !  Il faut venir au Festival les 12, 13 et 14 septembre. Ça se passera au Carré pour les expositions et à La Poterne pour la musique, les arts graphiques et le cinéma et dans les librairies pour la littérature.
On va vous surprendre, quitte à être contagieux dans nos idées de croiser les cultures, parce que c’est comme ça que nos enfants grandiront bien !

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